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Voir la version complète : le remboursement de référence nuit-il aux génériques?


LDetry
08/03/2004, 07h21
Selon la Belgian Generic Association (BGA), exemples à l’appui, le remboursement de références engendre une hausse des dépenses car il favorise l’accélération de la prescription de nouveaux médicaments. La BGA préfère motiver les médecins à prescrire de manière rationnelle.

La BGA a jeté récemment un véritable pavé dans la mare. Selon le lobby des génériques, le système du remboursement de références (SRR) ne dope pas la prescription des génériques. Au contraire, ce système « favorise l’accélération de la prescription de nouveaux médicaments présentant les mêmes qualités thérapeutiques que les génériques mais à un coût plus élevé aussi bien pour l’Etat que pour la collectivité. Il constitue donc un frein à la prescription des génériques ». La BGA a calculé que 75% des spécialités n’abaissent par leur prix lorsqu’un générique arrive sur le marché. Le patient paie entre 14 et 35% de plus par boîte.

Démonstration avec les Tarivid et Tavanic, deux antibiotiques de la même classe thérapeutique et fabriqués par la même société (lire tableau ci-dessous). Avant application du SRR, l’Inami rembourse 23,32 € (patient actif). Après SRR, l’Inami rembourse au niveau du générique : 19,25 €. Mais il y a ensuite « substitution » vers la prescription d’un équivalent « noble » au générique : le Tavanic dont le remboursement coûte 38,79 € aux caisses de l’Etat. Le patient, lui, paie moins.

Et la substitution?

La substitution est souvent brandie par les autorités comme un moyen infaillible pour réduire les coûts. Mais la BGA ne croit pas davantage à ce système qui laisse partiellement la responsabilité au pharmacien de délivrer un générique équivalent mais le médecin peut éviter le système en prescrivant des médicaments non substituables, pour la plupart nouveaux et donc plus chers.

Pour rappel, les parts de marché (en volume) des génériques en Belgique se cantonnent péniblement à 5% pour 40% en Allemagne et aux Etats-Unis et 25% aux Pays-Bas.

La BGA propose plutôt une alternative : motiver les médecins à prescrire d’une façon économiquement rationnelle en augmentant leurs honoraires. Ceci induirait, selon la BGA, à une économie de 555 millions d’€ dont 130 millions pour le patient.

Les producteurs belges de génériques semblent avoir été entendus puisque le ministre Demotte a initié le principe d’une augmentation d’honoraires avec les médecins en échange de la volonté d’arriver à une prescription plus rationnelle. A cet égard, la majorité des signataires du dernier accord médico-mut – dont les Mutualités Libres – réaffirment que ce « contrat » n’a rien à voir avec le rationnement des soins car nulle part dans l'accord, il n'est question d'un montant à économiser par une réduction des prescriptions en tant que condition à l'augmentation des honoraires des médecins. Des clauses de rupture de l’accord ont d’ailleurs été placées comme garde-fous.