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OXYGEN
07/12/2005, 08h07
Le lundi 05 décembre 2005


Grippe aviaire: les États-Unis se préparent au pire

Agence France-Presse

Washington


Les États-Unis se préparent à répondre à une possible pandémie de grippe d'origine aviaire en s'appuyant sur le pire scénario, soit 92 millions de malades en quatre mois, a indiqué lundi le secrétaire à la Santé, Mike Leavitt.

Cette prévision prend pour base la grippe espagnole de 1918, la plus grave des trois épidémies survenues au 20e siècle (quelque 50 millions de morts dans le monde).

«Nous nous concentrons surtout sur la pandémie de 1918 parce que nous voulons nous exercer à faire face à la situation sanitaire la plus grave et préparer des modèles d'action pour y répondre au mieux», a-t-il expliqué, lors d'un forum réunissant des autorités locales et des responsables des 50 États.






«En outre, le virus H5N1 est similaire à celui responsable de la pandémie de 1918». Sur cette base, des modèles vont être établis qui «nous aideront au niveau fédéral et local», a-t-il dit, demandant que chacun se prépare sur cette même base.

Selon l'hypothèse de travail de Washington, tout commence par une épidémie dans un petit village en Thaïlande avec un virus H5N1 qui a muté pour se transmettre aisément entre humains. Dans les semaines suivantes, l'épidémie devient une pandémie en Asie et atteint l'Europe puis le continent américain 50 jours plus tard.

Six semaines après les premiers cas, 700 000 Américains sont malades. Ils sont 37,4 millions la neuvième semaine, 92,2 millions après quatre mois. Dans le même temps, les écoles ont fermé et l'économie souffre de perturbations majeures, a précisé Mike Leavitt.

Aujourd'hui, les scientifiques pensent que la transmission de la maladie entre humains n'est plus qu'une question de temps. Plus de 130 personnes, dont 69 sont décédées, ont été infectées en Asie par des volailles.

Il n'existe pas de vaccin contre un H5N1 mutant aux caractéristiques inconnues. A partir du moment où une souche virale est identifiée et fournie par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), treize à quatorze semaines sont nécessaires pour produire les premiers vaccins contre une grippe pandémique humaine, selon les autorités américaines.

Une pandémie d'origine aviaire pourrait provoquer 1,9 million de décès aux États-Unis. En 1918, le taux de mortalité avait été de 2% environ des personnes malades. Avec 69 décès sur 130 personnes infectées, le taux de mortalité pour la grippe aviaire est supérieur à 50%.

M. Leavitt a annoncé la tenue d'un sommet sur cette maladie dans chacun des 50 États américains afin d'élaborer des plans d'action au niveau local. «La réalité, c'est que nous sommes insuffisamment préparés et que la prochaine pandémie pourrait survenir à tout moment», a-t-il dit.


NDLR : Si les EU sont insuffisamment préparés, nous c'est quoi Rudy ? Ah oué oué on a mis les poules à l'abri.