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OXYGEN
09/01/2006, 10h10
La grippe aviaire touche la capitale





En Turquie, cinq nouveaux malades victimes de la grippe aviaire, témoignent de la progression vers l’ouest du pays, du virus transmis par la volaille, la souche H5N1. Si les premiers cas avaient été signalés à l’est de la Turquie, les cinq nouvelles victimes sont elles originaires de régions beaucoup plus à l'ouest, proches de la capitale Ankara.

L'Organisation Mondiale de la Santé comme l'Union européenne se pressent en Turquie, où les autorités turques sont confrontées à une rapide progression vers l'ouest, du virus H5N1, la forme la plus dangereuse du virus,de la grippe aviaire. La semaine dernière, deux enfants ont perdu la vie dans l'est du pays, à proximité de l'Iran. L’Iran qui a d'ailleurs décidé de fermer l'un de ses postes frontières avec la Turquie.

Il n’empêche, tout le monde dans l'est turc ne semble pas avoir pris la pleine mesure de l'importance de la menace puisque des témoignages font état d'enfants jouant avec des cadavres de volailles, d'autres déplumant des poulets sur des marchés, pourtant interdits. Il y a aussi ces témoignages sur ces cadavres d'animaux malades jetés dans des rivières où enterrés superficiellement et déterrés ensuite par des oiseaux ou des chiens.

Depuis ce week-end, les autorités à Ankara s'inquiètent du nombre de malades touchés par cette variété mortelle de grippe. Cette fois, c’est toute la Turquie qui semble sous la menace : du nord au sud, et d'est en ouest: 10 provinces sur 81 ont enregistré officiellement la présence du virus. Une trentaine de malades à travers le pays sont en observation.

L'OMS a dépêché en Turquie une équipe de médecins pour aider les autorités du pays à étudier et à juguler la progression de la maladie. Une mesure d'autant plus nécessaires que les cadavres de quatre poulets ont été découverts dans la grande ville occidentale d'Istanbul. On ignore toutefois si ces animaux ont été victimes de la grippe aviaire.

La Commission européenne a quant à elle rappelé cette semaine, que l'embargo sur les viandes de volaille et les volailles vivantes, décidé en octobre dernier pour toute l'Union, était toujours en place.

Des autorités sur la sellette :

Le Premier Ministre turc a appelé ses compatriotes à ne pas cacher les volailles malades et à participer ainsi au plan d'abattage visant à contenir l'épizootie mais on signale un peu partout dans le pays d'importantes difficultés logistiques.

Dans la région où sont morts, la semaine dernière, les trois enfants, les autorités locales sont dépassées par les événements et les volailles suspectes ne sont ni collectées ni abattues. Le père des trois enfants morts a expliqué ignorer que la grippe aviaire représentait encore un danger, puisque les autorités turques avaient levé fin octobre les dispositifs de quarantaine dans la région. Il raconte aussi aujourd'hui comment son premier fils est d'abord tombé malade : "Je l'ai emmené à l'hopital, et ils nous ont donné des médicaments. Puis on est rentré à la maison et le jour d'apres ma fille est tombée malade et le lendemain encore c'etait au tour de mon autre fils, alors j'ai pensé que c'etait une maladie terriblement contagieuse, j'étais tres surpris" ...

L'OMS a appelé au calme estimant que les victimes de ce virus avaient été en contact direct avec des animaux malades. Le virus n'aurait donc pas muté et ne pourrait donc toujours pas passer d'un être humain à l'autre, ce qui représente la plus grande crainte des spécialistes.

Pas de nouvelle mesure en Belgique :

Aucune nouvelle mesure de précaution, de préventions n'a été décidées en Belgique. Une réunion aura lieu ce lundi après-midi, entre les responsables de l'AFSCA et ceux du cabinet du ministre de la Santé Rudy Demotte.