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LDetry
30/03/2004, 09h51
Préaccord du 28, position des mutualités libres


Les Mutualités Libres se disent prêtes à collaborer de manière constructive à l’exécution de cet accord. Mais une clarification s’impose quant à l’exigence d’honoraires qui viendraient récompenser l’investissement intellectuel des pharmaciens indépendamment des marges bénéficiaires. La prescription en DCI doit être une latitude pour le médecin, pas une obligation. Le rôle du pharmacien doit être revalorisé sans qu’il devienne toutefois un médecin bis. On ne peut faire l’économie d’une réflexion de fond entre tous les acteurs impliqués.

Les Mutualités Libres, en tant qu’organisme assureur, sont prêtes à collaborer de manière constructive au pré-accord signé entre le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique et les pharmaciens.

Néanmoins, certains points méritent clarification.

1. La revalorisation du rôle du pharmacien comme acteur de santé complémentaire au médecin proposée par l’APB va dans la bonne voie. Mais le pharmacien ne peut devenir un "médecin-bis" . Le système de rémunération proposé par l’APB (honoraire pour les actes " intellectuels" de conseil pharmaceutique et le dossier de suivi thérapeutique versus une rémunération pour les actes matériels pour la distribution proprement dite des médicaments) n’est pas suffisamment clair. De même, rien n’est prévu pour améliorer les "discussions confidentielles" entre le client et le pharmacien dans un endroit ad hoc. En outre, un dossier-patient qui ne serait pas partagé entre pharmaciens (ou mieux : entre prestataires) avec toutes les mesures adéquates de sécurité perdrait une bonne part de son intérêt.

2. La concertation pharmaco-thérapeutique est essentielle. Il est normal que les pharmaciens comme les médecins soient rémunérés pour ce faire. Les 3 millions d’€ ne nous paraissent pas de trop. Mais à condition d’en définir le contenu exact et que cette concertation s’inscrive dans une réelle démarche qualité pour le patient. A cet égard, les Mutualités Libres soutiennent l’accréditation des pharmaciens.

3. La prescription en DCI (dénomination commune internationale, c’est-à-dire selon la substance active) va être rendue possible légalement par le ministre Demotte. Pour les Mutualités Libres, cela doit rester une latitude pour le médecin, pas une obligation. Cette latitude ne peut constituer une étape intermédiaire vers le DCI obligatoire, qui est une forme déguisée de substitution.

4. L’APB souhaite que les échantillons gratuits soient distribués par le canal de l’officine. En phase avec le cabinet Demotte, les Mutualités Libres estiment que cela doit rester le choix du médecin dans des circonstances bien définies. La proposition de l’APB est en outre complexe et administrativement lourde.

5. Les Mutualités Libres soutiennent la proposition d’un conditionnement « sur mesure » des emballages des spécialités pour les maladies chroniques (c’est-à-dire en quantité limitée selon la pathologie). Quant aux conditionnements « unidoses », les Mutualités Libres n’ont pas d’opposition de principe pour autant que le médecin les prescrive car cela incite à un usage précis et adéquat dans certaines situations (antibiotiques, AINS en aigu, etc.) qui ne sont pas chroniques et où, en tous cas, le traitement est limité à une semaine environ. Côté délivrance de ces unidoses, si cela entraîne une charge de travail supplémentaire, il n’est pas anormal d’octroyer un honoraire pour le pharmacien.

6. Le système de code-barres uniques pour les spécialités remboursables aidera à mettre un terme aux différences entre médicaments prescrits et délivrés et la réputation de "fraudeurs" des pharmaciens.

Conclusion: Les ML estiment que revaloriser le rôle du pharmacien, améliorer la qualité de la fonction pharmaceutique sont des objectifs louables. A condition toutefois qu’on ne fasse pas l’économie d’une réflexion de fond entre tous les acteurs impliqués. Pour le moment, les médecins ont plutôt eu l’impression du fait accompli.