Voir la version complète : DCI et substitution
a) La loi sur la substitution a été votée il y a des années, mais ses arrêtés d’application n’ont jamais vu le jour. Que pensez-vous faire en sachant que les médecins, l’industrie et certaines mutuelles y sont opposés ? La substitution inter-génériques permettrait au pharmaciens de réduire les problèmes de stockage des différentes molécules. Quelle est votre position à propos de la substitution inter-générique ?
b) Y a-t-il un accord avec les médecins pour postposer la substitution de 2 ans ?
a) La loi sur la substitution a été votée il y a des années, mais ses arrêtés d’application n’ont jamais vu le jour. Que pensez-vous faire en sachant que les médecins, l’industrie et certaines mutuelles y sont opposés ? La substitution inter-génériques permettrait au pharmaciens de réduire les problèmes de stockage des différentes molécules. Quelle est votre position à propos de la substitution inter-générique ?
La substitution n’est pas à l’ordre du jour. Il y a toujours eu une levée de boucliers très importante, notamment de la part des médecins, qu’elle soit justifiée ou non. Il serait absurde de construire une politique sur une base aussi polémique.
Il n’entre donc pas dans mes intentions d’instaurer la substitution.
J’ai, par contre, pris l’option de permettre la prescription en DCI.
Les grandes lignes de la mise en œuvre de cette DCI ont d’ailleurs été définies lors du Conseil des Ministres d’Ostende ;
« Pour sa prescription, le médecin pourra donc ainsi choisir entre un nom de marque (originale ou générique) ou la DCI. Sa liberté thérapeutique restera donc entière.
La concertation pharmaco-thérapeutique locale permettra aux médecins et pharmaciens de choisir ensemble les médicaments délivrés lors de la prescription en DCI.
Si le médecin choisit la DCI, le pharmacien délivrera au patient soit un générique, soit une spécialité qui a baissé son prix au niveau de la base de remboursement du remboursement de référence.
Si le médecin prescrit en DCI et qu’il n’existe pas de générique ou d’alternative meilleur marché, le pharmacien délivrera la molécule originale.
Grâce à l’existence d’un code-barre séquentiel (unique par conditionnement), le médicament effectivement délivré sera automatiquement tarifé.
Afin de garantir que les médicaments délivrés par les pharmaciens soient parmi les moins chers, une évaluation du coût des médicaments délivrés sera réalisée annuellement (soit individuellement, soit collectivement). Le pharmacien sera alors responsabilisé sur son comportement de délivrance. «
b) Y a-t-il un accord avec les médecins pour postposer la substitution de 2 ans ?
Bien sûr que non, puisque la substitution n’est pas à l’ordre du jour.
vandeveldeeric
07/05/2004, 11h52
justement Monsieur le Ministre, pas à l'ordre du jour car accord avec les médecins
on sait que la prescription en DCI est un bide total dans tous les pays où cela existe !
Manque de courage politique ...tout simplement.
La non substitution couplée avec le CBU, la mentalité 'policière' de l'in-ami et la mauvaise foi des mutuelles (refus de remboursement d'ordonnance où la carte SIS a été lue correctement !!!) risque d'avoir des répercussions très graves pour la profession.
Bill Optine
07/05/2004, 13h51
La liberté thérapeutique pour le médecin ne peut pas impliquer pouvoir de saboter notre travail ! Or, sur le terrain, et sous l'influence de l'industrie pharmaceutique, c'est bien ce dont il s'agit !!!
Bill.
Lord Metazepam
07/05/2004, 15h35
Monsieur le Ministre,
Si je vous comprends bien, le médecin continuera à pouvoir prescrire en original ou DCI .
Il échappe donc à toute responsabilisation financière de sa prescription.
Mais si par hasard, il choisit la DCI, il se verra attribuer une côte « très bien » par vos services tandis que nous, pharmaciens, devrons subir les foudres de ces mêmes services si nous ne délivrons pas « assez bon marché » !
Et voilà comment une de nos revendications intellectuellement honnêtes se retourne contre nous. Bien joué ! Il est vrai, et c’est vous-même qui l’avouez en en-tête de votre réponse, que vous préférez enfoncer 5.000 pharmaciens que subir la fronde de 50.000 médecins.
La substitution, c’est remplacer molécule pour molécule et voie d’administration pour voie d’administration. Que la boîte soit rouge ou bleue n’interfère en rien avec la liberté thérapeutique du médecin. Soyons francs : ces derniers n’en veulent pas car ils souhaitent rester dans les bonnes grâces de l’Industrie.
C’est d’ailleurs aussi à cause de ces liens, disons ambigus, avec l’Industrie que les concertations locales seront un échec. Pour diverses raisons (et pas toujours scientifiques) chaque médecin ou presque aura sa marque préférée!
Si vous souhaitez faire rapidement des économies substantielles, il faut encourager la substitution et ne pas pénaliser ceux qui sont les premiers à la défendre, nous pharmaciens.
De la sorte vous montrerez sans équivoque que vous nous considérez bien comme des « acteurs à part entière ». S’il risque d’y avoir dans un premier temps 50.000 mécontents, il y a aussi 10.000.000 de personnes qui souhaitent la pérennité des soins de santé et payer moins chers leurs médicaments tout en gardant la plus-value que nous leur apportons.
Comme je le "crie"depuis des mois :DCI ne veut pas dire Substitution!
Nous ne sommes donc pas avancés
LamiZoro
Bill écrivait :
<La liberté thérapeutique pour le médecin ne peut pas impliquer <pouvoir de saboter notre travail ! Or, sur le terrain, et sous <l'influence de l'industrie pharmaceutique, c'est bien ce dont il <s'agit !!!
Je partage votre saine colère. Pour cette raison, dans ma commune, j'ai organisé il y a deux ans une réunion de concertation MG-PH afin de définir les enjeux et les problèmes.
Nous y avions décidé de ne plus prescrire que deux marques de génériques (EG et DOC) afin d'alléger la gestion des stocks.
Si LPI approchait le FAG (Forum des Médecins Généralistes)
sur la question, on pourrait envisager une plate-forme crédible ?
Cordialement
Je pense aussi qu'un rapprochement sur le terrain des pharmaciens et médecins de terrain solutionnerait pas mal de problèmes, éviterait une méfiance souvent non fondée d'une profession envers l'autre et ferait disparaître les faux bruits qui courent de part et d'autre et qui alimentent le système de nos responsables poliques du diviser pour mieux régner.
Si la DCI peut tenter certains médecins dont la proportion m'est inconnue, tant le sujet est tabou en public, la substitution par le pharmacien serait une déclaration de guerre ouverte, pire que celle des échantillons.
En effet, les sociétés pharmaceutiques ne l'oublions pas, sont le bailleur de fond de la totalité des formations continues des médecins. Ce qui, je sais, peut poser un problème éthique important.
Nous trouvons un équilibre en choisissant nos formations : SSMG, CUMG et cercles dispensent une formation (pas trop) influencée par l'industrie. La SSMG en particulier participe à la réduction et la diffusion de l'EBM en collaboration avec la SSFP.
Cependant, l'évolution des mentalités en ce domaine (envisager de se soulager de 100 euros pour assister à une formation) est une révolution difficile à entreprendre ...
DCI - Substitution
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Le vrai problème se situe au niveau PRATIQUE et ÉCONOMIQUE.
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En effet au niveau PRATIQUE, il est impossible de stoker dix fois un exemplaire d'une même molécule.
Deux choix se posent alors :
soit je substitue par un autre générique
soit le patient doit revenir
=>problèmes si c'est une urgence ou le samedi!
Et au niveau ÉCONOMIQUE, le problème est grandissant, car nous travaillons sous forme d'enveloppes.
Et nos (médecins comme pharmaciens) revenus sont inclus dans l'enveloppe globale des soins de santé.
=>si nous voulons garantir nos revenus futurs, il nous faut débloquer nous même des économies..... et les génériques restent pour l'instant la seule solution.
Je terminerai par ceci :
je ne suis pas pour la substitution,
je suis pour la substitution" intergénérique"
je suis pour le dialogue entre médecins et pharmaciens (c'est d'ailleurs dans se cadre que l'URPC a prévu une réunion (à Charleroi) avec des médecins de la FAGC ce vendredi!
Je suis aussi pour un dialogue qui permettrait de faire des économies sans toucher aux revenus des médecins et des pharmaciens.
Jamais je ne substituerai un générique par un autre si je sais que le médecin s'y oppose. C'est, pourquoi, j'ai toujours trouvé que le dialogue entre les médecins et les pharmaciens est non seulement utile, mais nécessaire !
Didier (Vice-Président URPC)
je n'ai pas bcp de temps pour venir sur le forum pour l'instant ... mais je suis très heureux d'y voir nos amis médecins intervenir.
en style télégraphique :
a) la substitution (du moins inter-génériques) n'est pas un caprice des pharmaciens ... c'est simplement 'vital' (sinon on court tous tout droit à la faillite tôt ou tard !)
b) il suffit, lorsque le médecin souhaite vraiment la marque de générique qu'il a prescrit (et il peut avoir de bonne raison pour cela), qu'il la souligne tout simplement (le pharmacien comprendra)
c) j'ai lu sur d'autres posts 'bio-disponibilité', très bien (c'est un peu comme la 'mémoire de l'eau' pour l'homéopathie lol - et comme l'argument commence à s'effilocher, l'agim se rabat sur des allergies eventuelles aux excipients re.lol : la seule personne qui peut juger, n'est-ce pas finalement la patient ?, et même si c'est 'psychologique', il faut respecter son choix...) , mais avant ne faudrait-il pas parler de 'disponibilité' du produit (le problème est le même chez les grossistes que chez nous, à cause de l'exponentialité des génériques, certaines marques sont fréquement en rupture de stock ... et je ne parle pas des 'gardes')
Le principal argument évoqué pour dénigrer les génériques, c’est la bio équivalence .
Le deuxième argument c’est la possibilité d’allergies dues aux excipients qui peuvent être différents d’un générique à l’autre.
Face à ces arguments, je voudrais soulever quelques réflexions.
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Savez-vous qu’un générique et la spécialité d’origine peuvent être fabriqués dans la même usine ?
C’est ainsi que tous les comprimés d’un célèbre inhibiteur de la pompe à protons sont fabriqués dans une usine spécialisée pour cette molécule en Corée du Sud.
C’est ainsi aussi que trois firmes génériques font fabriquer une célèbre statine dans les 2 mêmes usines en Espagne et en Tchéquie.
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Savez-vous qu’a l’inverse, une même spécialité peut être fabriquée dans des usines différentes. Cela représente une sécurité d’approvisionnement en cas de conflits, d’incendies des usines !
Certains, nous ont parlé des importations parallèles, elles sont une preuve bien observable des différences de formes et de couleur des comprimés d’une même spécialité fabriquée dans des usines différentes.
Mais attention même pour un marcher local (sans importations parallèles), une même spécialité peut, être fabriquée dans des usines différentes sans présenter de modifications extérieures !
Zoro
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